Actualités S'empoisonner ensemble n'est pas un projet de société
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Actu Agricoles

Les débats entourant l'utilisation des pesticides sont de retour dans l'actualité québécoise avec le projet de loi fédéral C-30. Dans une récente lettre ouverte publiée dans Le Devoir, près d'une centaine d'experts·es et d'acteurs·trices du milieu agricole invitent le gouvernement à privilégier une approche fondée sur la prévention, la science et des pratiques agricoles plus durables. Voici les principaux éléments à retenir de leur réflexion.

Repenser notre utilisation des pesticides

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir le 2 juillet 2026, près d'une centaine de spécialistes issus des domaines de la santé, de la recherche, de l'environnement et de l'agriculture expriment leur vive inquiétude face aux récentes orientations du gouvernement québécois en matière de pesticides. Leur message est sans équivoque: plutôt que d'assouplir les règles qui encadrent leur utilisation, le Québec devrait accélérer sa transition vers des pratiques agricoles moins dépendantes de ces produits.

Pour les signataires, il est essentiel de rappeler que les pesticides ne sont pas des produits anodins. Leur utilisation comporte des risques bien documentés pour la santé humaine, notamment chez les agriculteurs·trices qui les manipulent régulièrement, mais aussi pour les populations exposées indirectement. À cela s'ajoutent des impacts importants sur les sols, les cours d'eau, les insectes pollinisateurs... plus largement, sur l'ensemble de la biodiversité.

 

Une agriculture qui nourrit sans compromettre l'avenir, c'est possible

Les auteurs et autrices de la lettre insistent toutefois sur l'important de ne pas opposer agriculture et protection de l'environnement. Au contraire: ils et elles reconnaissent les nombreux défis auxquels font face les producteurs et productrices agricoles, qu'il s'agisse des changements climatiques, des ravageurs ou des pressions économiques.

Selon elles et eux, la solution réside dans un meilleur accompagnement du milieu agricole. En investissant davantage dans la recherche, le transfert de connaissances et les pratiques agroécologiques, il est possible de réduire progressivement le recours aux pesticides tout en maintenant des exploitations agricoles productives et résilientes. Plusieurs producteurs et productrices ont d'ailleurs déjà entrepris cette transition avec succès. Des alternatives existent!

 

Un véritable choix de société

Au-delà de la question agricole, cette lettre ouverte soulève une réflexion plus large sur les valeurs qui orientent nos décisions collectives. Les signataires estiment que les connaissances scientifiques devraient demeurer au cœur des politiques publiques lorsqu'il est question de santé et d'environnement.

Le titre de la lettre résume bien leur position: 'S'empoisonner ensemble n'est pas un projet de société'. Accepter une exposition accrue aux pesticides au nom de solutions à court terme ne constitue pas une vision durable pour le Québec. À l'inverse, miser sur la prévention, l'innovation et l'accompagnement des producteurs·trices représente une avenue plus responsable, à la fois pour protéger la santé de la population, préserver les écosystèmes et assurer l'avenir de notre agriculture.

 

Pour lire la lettre ouverte, rendez-vous sur ledevoir.com